Projet RIO
Des indicateurs pour suivre l’état de la biodiversité dans les espaces protégés de Guyane
RIO : Référentiel d’Indicateurs Opérationnels d’état de la biodiversité pour les espaces protégés de Guyane
Les espaces protégés de Guyane ont un objectif commun : préserver durablement les milieux naturels et les espèces qu’ils abritent. Pour y parvenir, les gestionnaires doivent pouvoir suivre et évaluer l’état de conservation des sites dont ils ont la responsabilité.
C’est dans cette perspective qu’a été lancé le projet RIO (Référentiel d’Indicateurs Opérationnels), qui vise à développer des outils et des méthodes permettant d’évaluer l’état des écosystèmes forestiers et aquatiques des espaces protégés de Guyane.
Le projet RIO
Les gestionnaires d’espaces protégés en Guyane font face à des contraintes très différentes mais partagent des questions de fond communes qui constituent le socle du projet. RIO pour « Référentiel d’Indicateurs Opérationnels » vise à donner aux gestionnaires d’espaces protégés les moyens concrets d’évaluer l’état de la forêt et des milieux aquatiques sur leurs sites : des méthodes éprouvées, des outils adaptés au terrain et à leurs contraintes, pensés pour être réellement utilisables au quotidien.
Ce que le projet permettra
Le projet permettra de tester différentes méthodes et d’évaluer leur faisabilité sur le terrain, dans les conditions réelles des gestionnaires guyanais. L’objectif est d’aboutir à des protocoles clairs et directement opérationnels, de tester le matériel, réaliser les analyses et former les agents du réseau.
Une série d’entretiens a été réalisée auprès des gestionnaires d’espaces protégés concernés fin 2025 à début 2026. Ces échanges ont permis de faire remonter les enjeux partagés à l’échelle du territoire, de hiérarchiser les questions prioritaires à traiter pour le projet et de mieux comprendre les contraintes logistiques, opérationnelles et financières propres à chaque structure.
L’objectif est que les méthodes et protocoles proposés puissent être mis en œuvre de manière concrète et durable sur le terrain. Des comités techniques réunissant les référents de chaque structure participante seront organisés tout au long du projet, afin de s’assurer que les travaux engagés répondent bien aux besoins du réseau et que le projet avance dans la bonne direction !
Échange avec les gestionnaires d’espaces protégés
“Le projet RIO vise à donner aux gestionnaires des outils concrets, adaptés au terrain, pour évaluer l’état de conservation des espaces protégés de Guyane.”
Une démarche construite avec les experts scientifiques
En parallèle des échanges avec les gestionnaires, le projet RIO s’appuie sur la mobilisation de nombreux experts et chercheurs. Cette démarche poursuit plusieurs objectifs : s’assurer que les méthodes envisagées correspondent à l’état actuel des connaissances scientifiques, vérifier que les indicateurs et méthodes retenus permettent de répondre aux questions posées par les gestionnaires, et évaluer de manière réaliste le coût et la faisabilité de leur mise en œuvre sur le terrain.
Cette articulation entre expertise scientifique et réalités opérationnelles est au cœur de la démarche du projet RIO : il ne s’agit pas seulement de savoir quoi mesurer, mais aussi de s’assurer que cela est possible dans le contexte des espaces protégés guyanais.
“Le Conservatoire d’Espaces Naturels (CEN) de Guyane, porteur du projet, assure un rôle de tête de réseau des espaces protégés du territoire.”
De nombreux outils permettent aujourd’hui de suivre la biodiversité. Ces technologies ouvrent des perspectives inédites et occupent une place croissante dans les stratégies de connaissance et de conservation de la biodiversité.
Le défi : entre ambition scientifique et réalité du terrain
Piège photographique
Dispositifs autonomes qui se déclenchent lors du passage d’un animal, permettant de suivre les espèces de manière discrète et sur le long terme.
Enregistreur acoustique
Ils enregistrent les sons de la forêt, mais aussi les diverses pollutions sonores afin de mieux comprendre l’activités des espèces et les éventuels effets de cette pollution.
ADN environnemental
L’analyse de traces d’ADN présentes dans l’eau et le sol permet de détecter la présence d’espèces, même difficiles à observer.
LIDAR et Télédétection
Ces technologies offrent une vision globale et précise des paysages et des habitats, même dans les zones difficiles d’accès.
Orthophotographie et imagerie
Les images aériennes fournissent des données précieuses pour suivre les changements de milieux et planifier les actions de conservation.
Ces outils, complémentaires renforcent notre capacité à mieux connaitre, comprendre et protéger la biodiversité guyanaise.
Mais leur déploiement reste souvent plus complexe qu’il n’y paraît. Chaque méthode nécessite des compétences spécifiques, qu’il s’agisse de la collecte des données, du paramétrage du matériel ou de l’interprétation des résultats. Et si le temps consacré au terrain est généralement bien anticipé, le travail d’analyse en bureau est, lui, fréquemment sous-estimé : traitement d’images, reconnaissance acoustique, analyses bioinformatiques… autant d’étapes pouvant mobiliser des ressources humaines et financières importantes.
Les gestionnaires d’espaces protégés ne disposent pas toujours des effectifs, des compétences internes ou des budgets nécessaires pour assurer cette charge sur le long terme. Les solutions réellement « clés en main », capables de fournir des résultats fiables sans protocoles lourds ni recours systématique à des prestataires spécialisés, restent encore très rares.
C’est précisément à ce défi que répond le projet RIO : identifier, tester et diffuser des méthodes adaptées aux réalités de terrain et aux moyens disponibles, tout en formant les agents à leur mise en oeuvre.